L’approche communicative dans l’enseignement des langues: quels impacts sur les apprenants du FLE au Ghana? ELIAS KOSSI KAIZA University of Ghana, Legon elkaiza@yahoo.com Résumé Cet article propose un examen de l’impact de l’approche communicative sur les apprenants du Français Langue Etrangère (FLE) dans les écoles secondaires de trois municipalités de la région Volta au Ghana. Si l’approche communicative a pour vocation le développement de la compétence discursive à l’oral, la performance orale des apprenants issus de cette approche laisse beaucoup à désirer lors des examens oraux de la période de 2010 à 2014. C’est pourquoi, l’article tente d’évaluer la compétence communicative des apprenants en examinant, à travers les pratiques de classe, les difficultés que rencontrent les enseignants et les apprenants du Français Langue Etrangère en milieu anglophone selon l’approche communicative. Il s’agira également d’identifier l’impact de cet enseignement sur les apprenants de FLE dans les écoles secondaires de la région Volta. Sur la base d’une théorie interactionniste (K. Orecchioni, 1990), l’enquête menée par questionnaire et entretien auprès de 30 enseignants révèle que le niveau nul ou faible de compétence de communication des apprenants en français est dû d’une part, à une mauvaise application de l’approche communicative en classe de FLE et, d’autre part, au manque de motivation de la part des apprenants. Ces résultats conduisent à des suggestions sur l’adéquation entre les pratiques pédagogiques et les besoins des élèves afin d’améliorer l’emploi de cette approche dans l’enseignement/apprentissage du FLE en milieu anglophone. Mots clés : Approche communicative, communication, compétence, impact, apprentissage Abstract This article seeks to shed light on the communicative approach to language teaching and also to examine the impact of such an approach on French learners in three Municipalities in the Volta Region of Ghana. If communicative approach is aimed at developing learners’ oral skills, the performance of learners who were taught through this approach leaves much to be desired during the French Orals Exams from 2010 to 2014. The article therefore seeks to assess the communicative competence of French learners in classroom practices, the difficulties that confront both teachers and learners of French as a Foreign Language using the communicative approach in an Anglophone system. It seeks also to outline the impact of this approach on French learners in the Senior High schools in Volta Region. Through questionnaire based on K. Orecchioni’s conversational theory (1990), the research conducted among 30 teachers reveals that the poor communicative competence observed among French learners is, on the one hand, due to the non-effective application of the communicative approach in class and, on the other hand, due to lack of motivation on the part of learners. Strategies were therefore proposed to improve the communicative approach to Teaching and learning French as a Foreign Language in an Anglophone environment. Key words: Approach, communication, competence, impact, learning. 129 Introduction Enseigner une langue, c’est connaître prioritairement ce qu’elle est et pourquoi elle est enseignée. Dans ce sillage, Essono (2005) affirme que la langue est un système de signes doublement articulé et servant pour la communication humaine et celle-ci est régie par ses propres règles. Dans ce cadre, apprendre une langue ne se résume donc pas à apprendre des mots ; il faut également étudier les règles qui permettent aux mots de s’articuler entre eux dans un but communicatif. (Bourrel : 2002). Dans le cadre de la communication, il s’agit pour les enseignants de faire respecter aux apprenants les repères linguistiques et sociaux servant à la communication. Car, faut-il encore le souligner, communiquer c’est respecter le code (la langue), le message (le contenu et l’idée véhiculée), le référent immédiat (le contexte de communication), le référent éloigné (le contexte éloigné et socioculturel) et les interlocuteurs. Il est alors normal que, les objectifs de l’enseignement/apprentissage du FLE au Ghana, soient définis en fonction des quatre compétences fondamentales qui expriment la compétence communicative. En effet, le syllabus du français (WASSCE / WAEC FRENCH SYLLABUS, 2010) définit, en fonction du CECRL (Conseil Européen Commun de Référence en Langue), ces compétences, à savoir la compréhension orale et écrite, la production orale et écrite. À la base de ces objectifs, l’approche communicative est privilégiée dans le syllabus d’enseignement du français au Ghana et les enseignants sont supposés les prendre en compte dans le choix des méthodes, techniques et activités d’enseignement/apprentissage dans tous les établissements secondaires pour aider les apprenants à acquérir les compétences ci-dessus mentionnées et pouvoir réussir non seulement à l’écrit mais aussi à l’oral. De plus, une partie de l’évaluation sommaire à l’examen final de West African Examination Council (WAEC) au niveau West African Senior Secondary Certificate Examination (WASSCE) est basée sur la compréhension et la production orale. En effet, les objectifs d’apprentissage d’une langue étrangère dans les écoles secondaires au Ghana sont de développer la capacité des apprenants, surtout dans le registre de la langue orale et écrite, d’amener les apprenants à apprendre à s’exprimer, à prendre la parole et à s’engager dans de courtes conversations pour transmettre ou comprendre un message donné. Cependant, au fil des années, l’enseignement/apprentissage des langues et surtout des langues étrangères a été confrontée aux questions de méthodes et approches d’enseignement. Le FLE ne fait pas exception. Autrement dit, la conception de la langue a évolué dans le temps donnant également naissance à l’évolution des méthodes d’enseignement. Diverses méthodes ont été adoptées en vue de trouver une meilleure approche pour enseigner les langues dans les écoles secondaires au Ghana en général et dans la région volta en particulier. 130 En effet, dans la quête d’acquisition des compétences de communication, l’enseignement du français a eu recours à de nombreuses méthodes à savoir les méthodes traditionnelle, naturelle, directe, structuro-globale-audio-visuelle. Comme le souligne D. Bailly (1987), il n’y aurait pas assez de foi dans toutes ces méthodes compte tenu de nombreuses faiblesses qu’elles laissaient dans l’enseignement/apprentissage du français. Aujourd’hui, l’approche communicative et l’approche par compétences bien qu’elles ne soient pas les dernières approches d’enseignement/apprentissage, sont les plus pratiquées dans plusieurs pays africains tels que le Ghana, le Nigéria, le Cameroun, le Mali, etc. Par exemple, dans les méthodes audio-visuelles, selon le commentaire de Wenxuan Li (2016) sur l’ouvrage de Berard Evelyn, « les dialogues sont très éloignées de la réalité, et le décalage entre la méthode et le contact direct avec la langue étrangère peut être déroutant pour l’élève » (Berard, 1991 : 49) ; c’est-à-dire que ces méthodes ne répondent plus aux besoins des apprenants. Donc dans l’approche communicative, une pédagogie qui initie les apprenants à la prise de parole, les besoins de ces derniers doivent être pris en compte et l’un des besoins fondateurs des apprenants du FLE est de pouvoir communiquer d’abord à l’oral et à l’écrit. En effet, les apprenants sont évalués linguistiquement à la fin du cycle pour voir leurs habiletés à manipuler la langue apprise. 1. Problématique La mauvaise performance des apprenants aux examens dans les écoles ghanéennes constitue de nos jours une question d’actualité dans les quotidiens (www.Graphic.com.Gh, 2014). Des chercheurs (McCarthy et al, 2015 ; Ebije, 2011 et Adepoju, 2003) donnent leurs avis sur la faible performance des apprenants à l’examen. Ebije (2011) confirme la mauvaise performance des étudiants en français lorsqu’il donne la statistique relative au Nigéria selon laquelle personne n’a obtenu la mention passable parmi les 473 candidats, ce qui renvoie à 57% d’échec. McCarthy et al montrent dans l’étude faite sur l’analyse des performances des apprenants ghanéens à WASSCE que de 1999 à 2005, le taux de réussite en français a enregistré une décroissance partant de 78,1% à 29,3% (McCarthy et al, 2015). Par ailleurs, les rapports du directeur des examens sur le site (e-Learning Waec) pendant quatre années successives (de 2010 à 2014) mettent en évidence que la plupart des apprenants répondent difficilement en français au cours de l’entretien oral et même prononcent les mots en anglais lors de la lecture. Pour Adepoju (2003), les performances des étudiants dans le cadre académique continuent de susciter un intérêt particulier chez les pédagogues et chez les décideurs de la politique éducative face aux méthodes supposées efficaces qui n’excluent pas l’approche communicative. En effet, aucune conclusion ne pourrait se tirer des diverses 131 opinions du public et des journaux sur les facteurs de faibles performances des apprenants. Un constat fait auprès des apprenants dans certains centres à Ho lors du déroulement des examens oraux (French Orals) en mars 2009 et 2010 révèle une gamme de difficultés en expression orale et en compréhension orale et écrite (lecture des phrases et des textes simples) chez la majorité des candidats. Par exemple, les expressions de description d’un lieu ou d’une personne (Mon ami es tall/ il et fair complexion/ il viens au Taviefe/ il j’habite il parent maison etc.) ne semblent obéir à aucune structure phonétique et syntaxique en français, or l’oral fait partie intégrante et constitue un pourcentage considérable de l’examen de fin d’études du second cycle (baccalauréat). Une telle observation nous amène à mener une réflexion autour des questions suivantes :  L’approche communicative est-elle utilisée dans l’enseignement/apprentissage du français dans les écoles secondaires (J.H.S et S.H.S) de la région Volta au Ghana?  Comment les enseignants appliquent-ils l’approche communicative dans les salles de classe ? Partant de l’hypothèse que l’application inadéquate de l’approche communicative et les pratiques pédagogiques insuffisantes en classe de FLE contribuent à la mauvaise performance des apprenants, cette recherche fait une évaluation de l’approche communicative dans l’enseignement/apprentissage du FLE et son impact sur les apprenants du deuxième cycle (S.H.S) au Ghana. Elle vise à déterminer les niveaux d’application de cette approche dans les écoles où le français est enseigné. Pour conduire ce travail, atteindre les objectifs énoncés et résoudre le problème de mauvaises performances des apprenants du FLE à l’oral, un aperçu général des méthodologies précédentes d’enseignement des langues au Ghana suivi de quelques considérations théoriques sera proposé. Ensuite, l’examen des principes de l’approche communicative et l’analyse de son impact sur la performance des apprenants mèneront à une proposition des stratégies et des pratiques pédagogiques utiles à l’enseignant comme à l’apprenant du FLE en milieu anglophone. 2. Cadre théorique 2.1 Aperçu général des diverses méthodologies d’enseignement des langues Par définition, la méthodologie est l’ensemble des méthodes et techniques dans un domaine particulier. Dans le contexte de cette étude, la méthodologie peut se définir comme l’ensemble des méthodes et techniques dans l’enseignement/apprentissage des langues. Quant à la méthode, elle se définit comme l’ensemble ordonné de 132 façon logique de principes, règles ou étapes qui constituent un moyen pour parvenir à un résultat. La méthode c’est : « L’ensemble cohérent de procédés, techniques et méthodes qui s’est révélé capable, sur une certaine période historique et chez des concepteurs différents, de générer des cours relativement originaux par rapport aux cours antérieurs et équivalents entre eux quant aux pratiques d’enseignement/apprentissage induites. » (Puren C., 1996 :17). Le terme méthode s’explique par « un ensemble raisonné de procédés et de techniques de classe destinés à favoriser une orientation particulière pour acquérir les rudiments de la langue et soutenus par un ensemble de principes théoriques » (Cuq & Grula, 2003 : 233). Les définitions de Puren C. (1996) et Cuq (2003) relèvent les procédés, techniques de classe favorisant une acquisition ou un apprentissage. En effet, les méthodes et les techniques sont des ressources qui s’inscrivent dans la méthodologie pour l’enseignement. Elles constituent également des moyens pour la réalisation d’un enseignement/apprentissage efficace. Dès la conception de notion d’enseignement/apprentissage des langues, plusieurs méthodes et approches sont nées et ont évoluées, de la tradition à la perspective actionnelle. La méthode traditionnelle encore appelée grammaire-traduction enseigne la langue comme étant un ensemble de règles et d’exceptions à mémoriser d’où le travail de mémorisation de règles grammaticales et de liste de vocabulaire. Elle ne privilégie pas l’oral et ne permet pas le développement de la compétence de communication. La grammaire-traduction s’attache rigoureusement à la traduction des textes littéraires choisis par l’enseignant qui, dans la méthodologie traditionnelle, a le droit de dominer la classe tandis que les élèves demeurent passifs car ils n’ont pas la possibilité de s’exprimer. Cette méthode démontre assez de limites qui ne permettent pas à l’apprenant de bénéficier des compétences linguistiques. Cornaire & Reymond (1999) soulignent que la méthodologie traditionnelle ne donne pas accès à un véritable apprentissage de l’expression écrite puisque « les activités écrites proposées en classe demeurent relativement limitées et consistent principalement en thèmes et versions ». En réalité, la méthode traditionnelle ne donnait pas lieu à un apprentissage efficace des langues ; ce qui a conduit à la recherche d’une autre méthode. La méthode directe est une méthode unique imposée par la France aux enseignants. Elle est considérée comme la première méthodologie spécifique à l’enseignement des langues étrangères pour favoriser le développement des échanges socio- économiques et politique à l’époque. Cette révolution méthodologique préconise un enseignement direct dans la langue étrangère, une opposition à la grammaire- traduction. La priorité est accordée à l’expression orale au dépend de l’écrit. « Au lieu des démarches allant des formes linguistiques pour aboutir aux concepts et aux réalités qu’ils désignent, on insiste sur la nécessité de partir des objets et des notions 133 regroupés autour de « centres d’intérêts » ou de « thème » pour découvrir les formes linguistiques et les mots, qui les traduisent » (M.M. Ngalasso, 1990 : 16). Les principes de la méthode directe révèlent un apprentissage qui suscite l’intérêt et la curiosité des apprenants des langues étrangères. Le vocabulaire est enseigné sans recours à la langue maternelle, mais à travers des images, des gestes et des objets pour permettre à l’apprenant de deviner et penser en langue étrangère dès son apprentissage. Cuq & Gruca soutiennent que «la méthodologie directe a posé, cependant, les jalons de base qui ont engagé l’apprentissage des langues vers la modernité et a su soulever des questions qui sont toujours d’actualité en didactique des langues» (Cuq & Gruca, 2003 : 258). Cependant, une mésentente interne entre les spécialistes de la méthode directe a provoqué son déclin donnant naissance à la méthode SGAV. La méthode structuro-globale audiovisuelle (SGAV) : apparue dans les années 50, lorsque la France se retrouvait à l’abri de plusieurs problèmes politiques. « La France doit renforcer son implantation dans ses colonies, intégrer une vague d’immigrants et lutter contre l’expansion de l’anglais qui devient de plus en plus la langue des communications internationales, et enfin restaurer son prestige à l’extérieur. » (Cuq & Gruca, 2003 : 260). La méthode utilise conjointement l’image et le son. Des enregistrements magnétiques constituent le support sonore et des vues fixes représentent le support visuel. Ici, l’appropriation de structures grammaticales à travers la réutilisation des éléments du dialogue enregistré présentent la situation d’apprentissage. Les S.G.A.V. privilégient une approche communicative de l’apprentissage et donnent priorité à la langue parlée. Wambach (2004) résume le fonctionnement structurel de la méthode SGAV en mettant en évidence que la structure est globale en ce sens qu’elle implique les individus dans leur totalité psychologique, affective et linguistique. Le dialogue est associé à des images représentant l’échange » verbal, images qui facilite l’accès au sens de la part de l’apprenant à travers des éléments du décor, des objets indiqués par les protagonistes du dialogue ou par la mimique des personnages. Ensuite, la grammaire est prise comme implicite et inductive et l’écrit est considéré comme un dérivé de l’oral (Cuq & Gruca, 2003). En bref, au Ghana l’application de ces méthodologies d’enseignement (méthodes traditionnelle, directe, naturelle, SGAV) d’une manière ou d’une autre n’a pas été très efficace. La remarque, aujourd’hui, est que la plupart de ceux qui ont appris le français à travers ces approches ont une autonomie limitée à la communication tandis que d’autres ne peuvent que se rappeler quelques conjugaisons de base et des dialogues mémorisés sans être capables de pouvoir ni comprendre ni communiquer. Seul une minorité des personnes formées par ces méthodologies et qui a la chance de continuer dans les enseignements supérieurs sont aujourd’hui en position de tirer bénéfice de la langue apprise. Toutes ces méthodologies ci-dessus discutées n’ont 134 pas pu réussir à soutenir les objectifs langagiers de communication efficace dans l’apprentissage des langues d’où la quête de nouvelles approches d’enseignement. L’approche communicative, née dans les années 70 en France en réponse aux écarts constatés, constitue dès lors le fondement de l’enseignement des langues. Elle s’est désignée approche et non pas méthodologie dans la mesure où elle se compose de différents domaines qui cherchent à s’appliquer aux besoins langagiers de chaque public. Elle est basée sur le principe de la compétence de communication. Le développement des compétences de communication et d’expression orale, un savoir pragmatique relatif aux conventions d’usage de la communauté de l’apprenant ou de la langue cible constituent la visée de cette approche. À l’origine de l’approche communicative sont des besoins de communication. C’est dans ce sens que Martinez (1996 :68) affirme que l’introduction de l’approche communicative est « à la hauteur des nouveaux besoins, de faciliter la mobilité des hommes et leur intégration dans des sociétés dites d’accueil ». L’approche apparait à la période où les besoins d’un nouveau public composé d’adultes, principalement de migrants ont comme objectif de s’insérer dans le monde de travail et la préoccupation majeure était de s’adapter aux besoins de chaque public. Pochard (1994 :9) parle d’une coïncidence avec une « demande sociale nouvelle ». Le développement de l’approche communicative a coïncidé avec une demande sociale nouvelle et l’apparition de publics non scolaires un terme pour designer ces nouveaux enseignés qui n’étaient pas considérés comme des élèves ni comme des étudiants mais avaient besoin d’apprendre la langue pour des fins de communication. D. Bailly (1998 :40) explique que l’approche communicative est basée sur les notions de « simulation ou [de] reconstruction directe de situations d’échanges langagiers authentiques ». L’approche communicative s’appuie donc sur les théories cognitivistes et constructivistes de l’enseignement/apprentissage des langues bien qu’elle ait adopté une orientation plutôt sociolinguistique à ses débuts. L’approche communicative s’appuie également sur les notions de compétence de communication. Pour Hymes, « les membres d’une communauté linguistique ont en partage une compétence de deux types, un savoir linguistique et un savoir sociolinguistique » (Hymes, 1991 :47) en d’autre termes, une connaissance conjuguée de normes de grammaire et de normes d’emploi. L’approche communicative vise le développement de la compétence communicative. Comme l’explique Cuq (2002 : 245), elle ne se limite pas à la maîtrise des règles grammaticales. Mais elle prend aussi en compte la connaissance des règles socioculturelles d’emploi de la langue, des règles assurant la cohérence et la cohésion textuelles et des stratégies de compensation des défaillances de la communication (compétence stratégique). Cette approche est principalement évoquée dans le syllabus, voire le curriculum, comme l’approche privilégiée pour l’enseignement des langues en général au Ghana. 135 Alors, l’approche communicative est supposée être appliquée dans les pratiques de classe dans les écoles secondaires (Junior High School [J.H.S], Senior High School [S.H.S]) et d’autres instituts de langues pour donner une certaine autonomie aux apprenants qui sont au centre de l’apprentissage selon les principes de cette approche. 2.2 Théories Cognitiviste et Constructiviste L’approche cognitiviste est caractérisée par deux éléments : L’apprentissage est conçu comme un « processus de construction de connaissance et non pas comme processus d’acquisition » et « Les activités d’enseignement sont des activités d’aide à la construction des connaissances et non pas des activités de transmission des connaissances » (Legros et al., 2002 : 28). L’approche renvoie au constructivisme comme théorie d’apprentissage. Le constructivisme « s’appuie sur la notion que la réalité du monde se construit dans la tête de l’individu à partir de son activité perceptive sous forme de représentations mentales ou modèles du monde » (Legros et al. 2002 :30). Chez les constructivistes, l’apprentissage est une construction personnelle. Un enseignant ne peut donc pas prendre sa propre construction et la mettre dans la tête d’une autre personne, d’un apprenant. Il faut plutôt mettre cette construction dans une situation réelle dans laquelle l’apprenant va manipuler la connaissance et se faire sa propre construction. Les constructivistes mettent l’apprenant dans une situation d’action où il manipule l’information lui-même. C’est d’ailleurs ce qui caractérise l’approche communicative. Bourrel (2002) est d’avis que privilégier l’approche communicative a pour but de faire acquérir une compétence communicationnelle mais aussi des savoirs phonétiques, lexicaux ainsi que grammaticaux permettant de coder une information pour la transformer en un message dans un contexte donné. Dans ces définitions, les auteurs insistent sur le rôle du contexte « de la vie réelle », « du monde dans toute sa complexité sociale ». Ici, l’apprenant construit sa connaissance à partir des interactions qu’il a avec les autres et le milieu socioculturel où il se retrouve. Sur le plan des théories d’apprentissage, elle est sous-tendue par les théories cognitivistes qui considèrent l'apprenant comme un être doté d’un cerveau lui permettant de traiter l’information nouvelle en fonction de l’information stockée antérieurement en mémoire ; et par les théories constructivistes selon lesquelles l’apprentissage est conçu comme un « processus de construction des connaissances et non pas comme un processus d’acquisition » (Legros et al. 2002 :28) La centration sur l’apprenant implique aussi la prise en compte du vécu quotidien de l’apprenant et de ses spécificités culturelles. C’est ce qui explique l’attachement de l’approche communicative aux documents authentiques comme supports aux activités. Il s’agit de documents qui n’ont pas été conçus au départ à des fins 136 pédagogiques. Le recours à ces documents permet à l’apprenant de travailler sur des échanges réels, d’apprendre une langue variée socialement et de se préparer à la communication hors de la classe. Par rapport aux méthodes d’avant, l’approche communicative provoque une nouvelle définition de l’apprentissage. Dans cette approche, apprendre une langue, c’est apprendre à se comporter de manière adéquate dans des situations de communication en utilisant les codes de la langue cible. L’une des caractéristiques majeures de cette approche est la détermination des besoins langagiers des apprenants en fonction des actes de parole à accomplir. À cet effet, les quatre compétences (expressions orale et écrite, production orale et écrite) peuvent être développées ensemble. En somme, l’approche communicative favorise une pédagogie de la découverte du savoir par l’apprenant lui-même et c’est cette construction active qui garantit un accès à l’autonomie dans l’apprentissage. À partir du cadre théorique que nous venons de définir, nous nous proposons de voir si l’approche communicative dont nous parlons aujourd’hui s’inspire ou non de ces concepts ou théories didactiques. Les activités en classe de FLE privilégient-elles une telle approche dans les écoles ? 3 Méthodologie de l’enquête Le public d’enquête est composé de trente (30) enseignants dont 15 de J.H.S et 15 de S.H.S. Le questionnaire et l’entretien ont permis d’analyser les représentations et les attitudes des enseignants face au choix des méthodes appliquées dans leur enseignement. Ces enquêtés ont été sélectionnés aléatoirement dans les Municipalités de Ho, de Hohoe et de Kpando dans la région Volta. Ce choix est justifié par le fait que ces trois municipalités recensent la majorité des écoles où le français est enseigné. Aussi, avons-nous choisi de faire une investigation sur la méthode d’enseignement à ces niveaux secondaires d’apprentissage puisque le problème d’expression et de production orale rencontré avec les étudiants de la première année à l’université pourrait provenir du niveau de base. Ce travail n’a pas tenu compte du critère d’âge de la population enquêtée, mais la variable du sexe a été fortement considérée. Pour recueillir des informations sur l’application de l’approche communicative, nous nous sommes servis des instruments de recherche suivants: - Observation participante dans 10 écoles - questionnaires remplis par des enseignants enquêtés - Entretien avec des enseignants sur les méthodologies appliquées dans les pratiques de classe. 137 Un suivi sous forme d’observation a été fait pour valider les entretiens et les réponses fournies aux questionnaires afin de pouvoir mener à bien une analyse objective. Notons que les enseignants enquêtés ont tous la licence et qu’ils enseignent depuis plus de dix ans en suivant le programme conçu dans leurs syllabus respectifs. Le tableau ci-dessous expose la population et les lieux d’enquête dans la recherche Tableau 1. Récapitulatif des données d’enquête Ecoles J.H.S S.H.S Total HO 5 5 10 Hohoe 5 5 10 Kpando 5 5 10 Total 15 15 30 4 Analyse des données recueillies Le tableau 2 suivant représente les résultats obtenus Niveau d’école Nombre Méthodes d’enseignement en classe d’enseignant Traditionnell SGA Direct Communicativ s e V e e J.H.S(Secondair 15 9 0 4 2 e) S.H.S(Lycée) 15 8 2 2 3 Total 30 17 2 6 5 Le tableau 2 ci-dessus montre le nombre total des enquêtés et les diverses méthodes déployées dans leurs classes respectives. Au total, 17 enseignants représentant 56,6% des enquêtés enseignent le français avec la méthode traditionnelle. Deux raisons sont attribuées au choix de cette méthode traditionnelle : d’une part, les apprenants ne comprennent pas si le cours se déroule en français et ne participeront pas car ils ne s’intéressent pas à l’apprentissage du français. D’autre part, leurs attentes, c’est-à-dire les attentes des enseignants et de l’école, c’est d’assurer que leurs apprenants obtiennent la note A, B2 et B3 pour ceux de S.H.S et 1 ou 2 pour ceux de J.H.S. Nous avons noté selon leur explication que l’école a un objectif fixe à atteindre et cet objectif est d’avoir la majorité de candidats avec une excellente note à l’examen de B.E.C.E et WASSCE. C’est ce qui constitue la priorité de beaucoup 138 d’écoles où on enseigne le français puisque l’examen ne se fait pas sous forme d’oral à B.E.C.E. Même pour les enseignants du lycée (S.H.S), l’argument donné révèle qu’à WASSCE, la prime n’est pas sur l’oral car l’oral ne constitue que 20% de la note totale de l’examen. Alors, ils utilisent la méthode traditionnelle pour enseigner des règles grammaticales aux apprenants pour pouvoir répondre et réussir aux questions posées à l’examen. Cette conception ne répond pas à l’idée de constructivisme préconisée par Legros et al. (2002) qui parle de l’apprentissage comme un processus de construction des connaissances et non pas comme un processus d’acquisition. Nous nous demandons dans ce cas pourquoi apprend-on le français ? Juste pour réussir à l’examen ou pour pouvoir communiquer dans des situations réelles et l’utiliser dans le monde du travail ? Deux enseignants du lycée qui représentent 6,6% des enquêtés affirment qu’en dehors de la méthode traditionnelle, ils utilisent quelque fois la méthode structuro- globale audiovisuelle (SGAV) dans leurs classes de FLE. Dans le but de motiver les apprenants, ils apportent leurs propres appareils DVD en classe. Leur expérience montre que si les apprenants regardent et écoutent des conversations et des chansons, ils font l’effort des fois pour imiter, répéter et mémoriser quelques expressions et lexiques entendus. Ils se réjouissent des chansonnettes écoutées ; ce qui donne de la motivation à quelques poignées d’apprenants. La volonté de faire parler des apprenants en classe nécessite l’apport de ces supports personnels. Leur souci majeur est que la plupart des apprenants ne s’intéressent pas à la langue française parce que l’environnement socio-culturel ne favorise ni ne contribue à son apprentissage au-delà d’une ou de deux heures de cours de français. 20% des enquêtés dispensent le cours à travers la méthode directe qui implique les gestes, les mimes, la répétition avec des exercices structuraux en classe pour faire participer des apprenants. Cette méthode n’est pas la seule appliquée, ils admettent faire un mélange d’approches dans le cas d’une explication qui ne peut pas être gestuelle. Cependant, ils n’oublient jamais l’approche traditionnelle qui se préoccupe des règles de grammaire que les apprenants mémorisent afin de reproduire surtout à l’écrit. L’argument que l’école a un objectif à atteindre ne cesse pas d’apparaitre dans les différentes réponses obtenues. Les enseignants de J.H.S évoquent la question du manque de matériel didactique d’enseignement/apprentissage du français dans leurs écoles : ils doivent se contenter d’un seul manuel de l’enseignant et les apprenants n’ont pas de manuel à lire. Enfin, nous avons 5 enseignants représentant 16,6% des enquêtés qui semblent faire usage de l’approche communicative en classe. Ils expliquent que le syllabus 139 prescrit cette approche et ils essaient de rester fidèles au syllabus mais cela retarde le cours car l’apprentissage est lent et le nombre d’heures de cours par semaine réduits. Ils estiment que cette approche prend beaucoup de temps si l’on veut faire participer un grand nombre d’apprenants. Ils admettent également que pour des raisons d’examen, la mémorisation des règles d’application demeure importante dans le système scolaire compte tenu de l’exigence des examens d’où l’insertion de la méthode traditionnelle dans leurs cours. Figure 1 : La répartition en pourcentage des méthodes et approches appliquées par les enseignants Les statistiques ci-dessus concernant les méthodes ou techniques d’enseignement et l’analyse de nos enquêtes sur les diverses pratiques confirment notre hypothèse: si l’approche communicative est mal appliquée ou pas du tout mise en œuvre, l’apprenant aura des difficultés à s’exprimer. 5. Discussion Après la collecte des données des entretiens et le dépouillement des questionnaires, nous avons décidé de faire une observation en classe de nos enquêtés. Ainsi, notre dernière collecte des données s’est limitée à l’observation personnelle qui a été très révélatrice et instructive. L’observation a permis de voir clairement comment réagissent les apprenants face à la pédagogie du FLE et quelle(s) approche(s) les intervenants ou enseignants mettent en place pour assurer le cours. Cette observation nous a mis en position de voir qu’un certain nombre d’enseignants semblent ne pas bien comprendre le concept de l’approche communicative. D’autres le comprennent mais l’appliquent mal car ils mettent plus d’accent sur la règle grammaticale alors que l’approche communicative parle de situation réelle de communication et non pas la simple mémorisation des règles. 140 L’explication donnée à cette approche par certains enseignants prouve qu’ils la comprennent mal. Ils comprennent partiellement que l’approche fait parler les apprenants mais ils ignorent que c’est sur la base de la détermination des besoins langagiers de ces derniers qu’on conçoit la fiche pédagogique d’un cours de FLE et que l’apprentissage doit mettre l’apprenant au centre de son apprentissage. Malheureusement, la focalisation est plutôt sur la grammaire. De plus, dans certaines écoles, le cours de français se déroule en anglais seulement avec des exemples d’appui en français, en d’autres termes, les règles sont données et expliquées en anglais or l’apprentissage d’une langue ne doit pas se résumer à l’acquisition mécanique de règles et du vocabulaire. Bien que, dans l’approche communicative, l’enseignement du code linguistique ne soit pas exclu, il doit être considéré comme un moyen de maîtriser la communication et non pas les règles et les exceptions isolées. Deux de nos hypothèses qui stipulent que si le concept de l’approche communicative est mal compris et que l’enseignement/apprentissage du français ne privilégie pas la mise en situation de communication sont donc validées par rapport à l’analyse qui précède. L’observation nous a fait découvrir aussi que face à des méthodes d’enseignement/apprentissage dans certaines écoles, des apprenants sont démotivées à prendre la parole. Les quelques apprenants qui font l’effort pour participer en classe, ont des problèmes de prononciation et font face à des erreurs et la manière dont ces erreurs sont corrigées n’encourage pas leur participation active. Pourtant, l’erreur a une place dans l’approche communicative et est considérée comme un phénomène naturel dans l’apprentissage. L’apprenant construit progressivement son propre langage en se servant de ses erreurs pour évoluer dans son apprentissage. Le fait que l’apprenant ne soit pas motivé fait qu’il a peur de faire l’erreur. Par conséquent l’hypothèse selon laquelle en l’absence de la motivation, l’apprenant n’est pas confiant dans sa prise de parole en classe se trouve aussi confirmée. Par ailleurs, il est nécessaire de souligner que dans les données recueillies et dans l’observation faite, le problème de matériel a été relevé dans nos écoles. Il apparaît que les manuels didactiques sont inexistants dans certains établissements scolaires. Les enseignants dans ces établissements se débrouillent uniquement avec le livre de l’enseignant ; même au cours d’une lecture, soit ils copient une partie du texte au tableau ou ils font répéter phrase par phrase aux apprenants. Dans une telle classe, combien d’apprenants peuvent participer activement ou interagir en classe avant la fin du cours. Ceux qui ont des manuels d’enseignement n’arrivent pas à l’adapter au contexte réel ghanéen, ils l’enseignent tel qu’il est et cela crée des confusions surtout 141 au niveau S.H.S où on s’accroche toujours au manuel « Arc-en-ciel » et d’autres manuels conçus pour le contexte européen. Or le contexte socioculturel et linguistique de l’environnement d’apprentissage est pertinent pour l’apprenant dans la construction de son apprentissage (Jean-Pierre Cuq, 2002). Cette confusion apparait en raison du caractère artificiel des situations et la simplification des échanges par rapport au fonctionnement réel des interactions. 6. Recommandations L’approche communicative constitue de nos jours le fondement de l’enseignement des langues. Elle vise à développer une compétence communicative, une habileté à communiquer et assurer l’autonomie de l’apprenant en tenant compte de ses besoins dans l’enseignement. Si on parle actuellement de la perspective actionnelle, c’est la complémentarité de l’approche communicative qui fait réaliser en classe de langue une tâche spécifique par l’apprenant. Cependant, l’analyse et la discussion des données recueillies démontrent qu’en réalité l’approche communicative n’est pas pratiquée dans la plupart des écoles ghanéennes où le français langue étrangère est enseignée. Les institutions scolaires visent plutôt de bons résultats aux examens de fin de cycle à l’écrit puisqu’on évalue la meilleure école à travers le nombre d’apprenants obtenant d’excellentes performances en telle ou telle matière. Comme cette évaluation ne se fait pas oralement, l’enseignement/apprentissage du français dans les écoles privilégie l’écrit au dépend de l’oral. Or le fait de privilégier l’écrit correspond à la méthode purement traditionnelle qui est dépassée depuis des années. Afin d’améliorer ces lacunes en classe de FLE, considérons les propositions suivantes : 1. Tout d’abord, nous proposons que le système d’évaluation sommative à la fin du cycle (B.E.C.E et WASSCE) en français donne plus de place à l’oral. En guise d’exemple, si l’oral peut constituer 50% de la note totale de l’examen, la méthode d’enseignement changera pour faciliter la prise de parole à l’apprenant. Le but d’apprendre une langue étrangère et dans notre contexte le français n’est pas seulement d’écrire un examen et mettre fin à l’apprentissage ; c’est de pouvoir s’exprimer de façon compréhensible en fonction de la situation et des besoins. Ainsi, les apprenants doivent être formés à pratiquer des conversations situationnelles pour acquérir des compétences communicatives leur permettant de se débrouiller dans le monde du travail. 2. Ensuite, les collègues enseignants de français dans les écoles secondaires et lycées doivent prendre l’initiative d’adapter, à nos spécificités 142 sociolinguistiques, le contenu des manuels conçus dans le contexte européen afin de motiver des apprenants à vivre la réalité de chez eux. Pour cela, la conception d’un nouveau manuel qui répondra à ces spécificités sociolinguistiques en termes de temps sera nécessaire pour avoir une méthode universelle selon les cycles. 3. De plus, les décideurs de la conception pédagogique et du système éducatif doivent évaluer l’apprentissage du français au Ghana, voir son impact, et redéfinir leur objectif. L’organisation périodique des stages de formation continue pour les enseignants du français en collaboration avec les centres régionaux pour l’enseignement du français (CREF) et l’association des enseignants du français au Ghana (GAFT) doit être la priorité des décideurs de la politique didactique. Enfin, c’est la responsabilité de l’Etat et les décideurs qui veulent adopter une langue de fournir les manuels didactiques aux écoles pour faciliter l’apprentissage d’une telle langue. Conclusion Dans cet article, notre idée a été de montrer les difficultés auxquelles fait face l’enseignement/apprentissage du FLE selon l’approche communicative et de mesurer son impact sur les apprenants du français au Ghana. Nous avons relevé les différentes définitions et le fonctionnement de l’approche communicative qui est le fondement de l’enseignement des langues aujourd’hui. Parallèlement nous avons investigué les diverses méthodes utilisées dans nos écoles secondaires et lycées afin de vérifier si le « slogan » d’approche communicative que chante chaque enseignant est vraiment pratique dans nos écoles. Nous constatons que la méthode traditionnelle occupe toujours une place prépondérante dans la plupart de nos écoles. Alors l’approche communicative qui a pour but de privilégier l’oral ou la situation de communication réelle demeure largement inappliquée. Nous avons noté aussi le manque de dispositifs nécessaires dans les écoles pour un bon enseignement/apprentissage de langue. Ceci est jumelé avec l’inadéquation des méthodes universelles utilisées en classe de FLE. Notons également que l’approche communicative ne correspond pas vraiment aux visées des institutions scolaires. Sa visée est de permettre à un groupe d’apprenants non captif (apprenants volontaires) qui s’apprête à entreprendre un projet linguistique spécifique ou un besoin linguistique très urgent à satisfaire alors que les institutions scolaires avec des apprenants captifs (apprenants qui se retrouvent dans 143 la classe de langue par contrainte de l’institution et non par la volonté de l’apprenant d’apprendre la langue) ont des objectifs institutionnels à atteindre. Certes, les opinions des enquêtés montrent la dichotomie entre le but principal de l’approche communicative et l’objectif d’apprentissage du français dans les institutions scolaires où la majorité des apprenants n’ont pas choisi d’être là. Cependant, est-il toujours nécessaire de se concentrer sur les objectifs des institutions scolaires aux dépens de la formation communicationnelle des apprenants dans le processus de l’enseignement/apprentissage d’une langue ? Ce travail sur l’impact de l’approche communicative sur les apprenants du FLE au Ghana est un domaine en construction, de sorte que chaque point traité dans cette recherche peut être développé davantage dans d’autres études. Bibliographie Bérard Evelyne (1991), L'approche communicative. Théorie et pratiques, Coll. Techniques de classe, Paris, Clé International. Besse Henri (1985), Méthodes et pratiques de l'enseignement des langues, Paris, Crédif – Didier. Bourrel N., (2002), L’approche communicative dans l’apprentissage d’une langue étrangère : facteur de motivation et d’autonomie ? Mémoire de Master2, Académie de Montpellier, I.U.F.M. Coste Daniel (2000), « Le déclin des méthodologies : Fin de siècle ou ère nouvelle ? », dans Une Didactique des Langues pour demain / En Hommage au Professeur Henri Holec, Mélanges CRAPEL, no 25. p.199-212 Coste Daniel & Courtillon Janine (1976), Un niveau-seuil, Conseil de la coopération culturelle du Conseil de l'Europe, Strasbourg. 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